« SAM’DI, ÇA M’ DIT »
Une journée banale et ordinaire
Le réveil social
Samedi matin, sombre matinée, seul compagnon : mon écran lumineux.
Les gens jacassent en emojis, on s’aime en “vu”, et c’est vertueux.
J’croise mon voisin, pas d’échange verbal : là vraiment, tout est foutu !
Les liens sociaux sombrent tel un bon vin : pas soutenus, pas défendus ! J’suis déçu.
Refrain
Samedi matin… ça m’dit de faire du slam, dis-moi.
Sam dit : « faut qu’on cause, qu’on s’reconnecte, tu vois ? ».
Entre silences et clics navrants, moi je crie, je crame, parle-moi.
Sur les réseaux, les liens sociaux brulent sous les larmes, tu vois ?
Samedi matin… ça me dit de faire du slam, alors toi, écoute-moi.
Le midi des non-dits
Midi sonne, à ma porte personne ne frappe, sauf M. Deliveroo, mon dernier pote.
Sam dit : “sors, va voir le monde”. J’lui réponds : “trop d’mégabits qui me pilotent”.
Ça m’dit plus trop d’parler, d’discuter, sauf aux frangins digitaux : Siri ou Alexa.
On s’envoie des “❤️” mais dans la rue, tout l’monde se tait, dehors c’est la guérilla.
Refrain
Samedi matin… ça m’dit de faire du slam, dis-moi.
Sam dit : « faut qu’on cause, qu’on s’reconnecte, tu vois ? ».
Entre silences et clics navrants, moi je crie, je crame, parle-moi.
Sur les réseaux, les liens sociaux brulent sous les larmes, tu vois ?
Samedi matin… ça me dit de faire du slam, alors toi, écoute-moi.
L’après-midi, l’ennui
Ce slam, c’est tout c’qui m’reste pour gueuler mon désespoir : j’existe encore !
Au parc, un mec parle aux animaux. L’animal reste muet, quelle métaphore !
Samedi s’tire en silence, chacun sa bulle, ou son plexi, quelle comédie !
L’amitié, c’est plus trop tendance, on en parle dans un taxi, ou pire : dans une story !
Refrain
Samedi matin… ça m’dit de faire du slam, dis-moi.
Sam dit : « faut qu’on cause, qu’on s’reconnecte, tu vois ? ».
Entre silences et clics navrants, moi je crie, je crame, parle-moi.
Sur les réseaux, les liens sociaux brulent sous les larmes, tu vois ?
Samedi matin… ça me dit de faire du slam, alors toi, écoute-moi.
La soirée qui désespère
20h00, apéro en visio, plus d’clopes, mais il reste des filtres sur WhatsApp.
On trinque au néant, à la fibre, à l’oubli, ou à l’amitié qui nous échappe.
Tout ça m’dit qu’la vie s’joue plus dehors, mais sur des serveurs délocalisés,
Tous les rencards se « swipent », alors désolation, les cœurs sont géolocalisés.
Moralité ?
On a troqué le lien social contre du Wi-Fi ou de la 5G, full illimité.
On n’s’parle plus, on se follow… et là c’est fou, car on s’enfouit.
On ne s’aime plus. Quelle horreur ! « Déjà, c’est bien, on s’est liké ».
Copyright © 2026 P.HIERNARD