Si le temps était une lente et longue errance,
Il serait, à coup sûr, la douce tempérance.
Si la tempérance faisait fi des allégeances,
La vie évoluerait avec moins d’ambivalence.
Quand l’ambivalence se pare soudain de rouge,
Elle accepte, à coup sûr, que les choses bougent.
La tempérance gomme les dissonances à l’infrarouge,
Et tout devient plus calme de Rennes jusqu’à Montrouge.
Quand l’excitation sort et prend l’air du temps,
Les choses se mettent en mouvement, munies d’un palan.
Tant et si bien que, seule, la tempérance, à pas lents,
Vient adoucir les couleurs de l’automne flamboyant.
Quand les ondes de la vie vibrent avec exubérance,
Une musique douce joue le contrepoint avec assurance.
La tempérance se meut en un jazz lent, de circonstance,
Bardé d’accords doux, dissonants en toute irrévérence.
Si le temps était une lente et longue errance,
Il serait, à coup sûr, la douce tempérance.
Quand la nature, à son tour, s’en mêle, tout incongrue,
La bataille fait rage entre les épineux et les feuillus.
La tempérance revêt l’apparence d’une plante chevelue,
Tel un hêtre du Japon poussant comme il peut, bien ventru.
Quand la matière pousse moultes revendications,
La tempérance joue avec force la grande méditation.
Elle fouille, farfouille, touille avec autodétermination,
Et devient mousse douce en totale réconciliation.
Quand les objets entrent, en furie, dans la pièce,
Tout devient un grand bazar échevelé, tout en liesse.
Seul le canapé souple, au tissu en emporte-pièces,
Joue la tempérance et nous fait oublier la vieillesse.
Quand elle plonge dans le dico et se fait mot,
Elle prend son temps pour mieux soigner mon dos.
Elle joue encore et toujours entre le temps et l’errance,
La bienveillance, c’est sûr est l’amie de la tempérance.
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